Tristesse


J'ai perdu ma force et ma vie, Et mes amis et ma gaieté. J'ai perdu jusqu'à la fierté Qui faisait croire à mon génie. Quand j'ai connu la Vérité, J'ai cru que c'était une amie. Quand je l'ai comprise et sentie, J'en étais déjà dégoûté. Et pourtant elle est éternelle, Et ceux qui se sont passés d'elle Ici-bas ont tout ignoré. Dieu parle, il faut qu'on lui réponde. Le seul bien qui me reste au monde Est d'avoir quelquefois pleuré.


Alfred De Musset Recueil : Poésies nouvelles


Ce magnifique poème est pour Pierrick car je sais qu'il le trouve beau et qu'il l'aime beaucoup.







Rappelle-toi


Rappelle-toi, quand l'Aurore craintive Ouvre au Soleil son palais enchanté ; Rappelle-toi, lorsque la nuit pensive Passe en rêvant sous sous voile argenté ; A l'appel du plaisir lorsque ton sein palpite, Aus doux songes du soir lorsque l'ombre t'invite, Ecoute au fond des bois Murmurer une voix : Rappelle-toi. Rappelle-toi, lorsque les destinées M'auront de toi pour jamais séparé, Quand le chagrin,l'exil et les années Auront flétri ce coeur désespéré ; Songe à mon triste amour, songe à l'adieu suprême ! L'absence ni le temps ne sont rien quand on aime. Tant que mon coeur battra, Toujours il te dira Rappelle-toi Rappelle-toi, quand sous la froide terre Mon coeur brisé pour toujours dormira ; Rappelle-toi, quand la fleur solitaire Sur mon tombeau doucement s'ouvrira. Je ne te verrai plus ; mais mon âme immortelle REviend ra près de toi comme une soeur fidèle. Ecoute, dans la nuit, Une voix qui gémit : Rappelle-toi.


Alfred De Musset Recueil : Poésies nouvelles Paroles faites sur la musique de Mozart